Vade-mecum à l’usage des encadrants en temps de crise

Se sentir fort, être engagé parce que responsable : là peut être le danger. En effet, trop croire en ses capacités conduit à se surexposer au risque de burn-out.
Si quelques bonnes pratiques sont nécessaires pour prévenir le risque ou développer la résilience, l’essentiel sera de laisser suffisamment de temps à la vie intérieure afin de ne pas s’oublier, comme le voulait Montaigne.

C’est un paradoxe apparent : au regard du risque de burn-out, les personnes mentalement fortes sont particulièrement menacées. Combien de témoignages entendus en coaching, lors de bilans compétence ou dans des moments de pause en stage ou en pleine séance quand le trop-plein déborde ! Engagées à plus de 100 % dans leur travail et soucieuses de contrôler la situation, convaincues que la réussite dépend d’elles et investies d’un sentiment de responsabilité élevé, elles peuvent découvrir que la situation échappe et éprouvent alors un sentiment de dépréciation qui les accable. Elles ressentent frustration et anxiété auxquelles s’ajoute — lorsque les difficultés semblent ne jamais finir — un sentiment d’absurdité qui se résume en trois mots : « A quoi bon ? »

Comment éviter cette spirale assez courante de la chute ?

De façon classique, voici quelques bonnes pratiques salvatrices :

  • Mieux séquencer le traitement des problèmes. Centrer son attention sur les problèmes les uns après les autres et faire une chose après l’autre pour ne pas se laisser submerger par la masse des difficultés à traiter.
  • Redéfinir son rôle et son champ de responsabilités étant entendu que l’on est responsable à proportion du pouvoir d’action dont on dispose. Une personne ne peut être responsable de ce qui ne dépend pas d’elle, en toute logique. Or la pression du quotidien nous conduit à accepter toujours plus sans être en mesure de tout réaliser. Une prise de recul consistera donc à redéfinir le périmètre des responsabilités que la personne décide d’assumer de façon réfléchie et de vérifier son pouvoir d’action.
  • Poser des limites à son implication, quoi qu’il arrive. La difficulté est de quitter son lieu de travail en laissant en suspens des problèmes que l’on sait ou que l’on croit urgents. Toute urgence est-elle importante ? Et quand bien même un problème est urgent et important, il faut savoir arrêter quand la limite est atteinte. Sinon, de problèmes importants en problèmes urgents, les encadrants font dans une même course et le sprint et le fond. Courir très vite sur une longue durée n’est pas tenable : comment mieux brûler ses ressources ?
  • Être à l’écoute de soi, de ses émotions et des signaux corporels qui sont comme autant d’indicateurs d’un état de santé qui se dégrade presque imperceptiblement : quand l’esprit s’illusionne, le corps dément. Mais cette écoute de soi implique un moment de calme, un arrêt sur image contradictoire avec le mouvement trépidant de l’encadrant débordé. Pour dépasser cette contradiction, l’expérience nous apprend à définir notre propre tableau de bord en identifiant des signaux faibles comme des alertes avant qu’il ne soit trop tard.
  • Pour ne pas se laisser envahir par le découragement, quand on a l’impression d’être pris dans une nasse, il importe aussi de se projeter sur une perspective positive pour redonner du sens et retrouver l’énergie nécessaire au changement. Ici la difficulté est de se projeter ailleurs, alors que l’on est absorbé, littéralement absorbé par le travail.

D’autres techniques encore servent à mieux faire face en rationalisant l’engagement professionnel. Cependant, l’expérience nous montre qu’il ne suffit pas seulement de connaître de bonnes pratiques pour les appliquer. Le changement de la pratique nécessite un autre changement, plus profond. La clé réside dans l’équilibre retrouvé entre l’engagement dans l’action et la place laissée à la vie intérieure, comme le voulait Montaigne. Or le surinvestissement professionnel se caractérise par la réduction à peau de chagrin de cet espace de l’intime. C’est là que notre vigilance doit s’exercer pour ne pas perdre tous nos points de repère. Il importe donc de se ménager un temps pour soi et pas seulement pour les besoins du corps.

Revenir à soi, c’est construire ou préserver le socle de sa résistance à la pression extérieure et sa capacité de résilience, s’il advenait malgré tout un burn-out.

Voici quelques pistes, qu’un accompagnement peut permettre d’explorer, pour ne pas s’oublier et se perdre quand tout bascule :

  • Se questionner sur ses finalités afin de rétablir les priorités sur l’essentiel. Par exemple, en reconsidérant la place du travail et de la réussite sociale dans sa vie.
  • Se questionner sur ce qui est en jeu, du point de vue professionnel et du point de vue personnel. Par exemple, un fort besoin de reconnaissance qui me rend dépendant du regard des autres et me pousse à trop m’engager.
  • Reconnaître ses besoins, donc accepter ses limites, pour ne pas se mettre dans le rouge.
  • Mieux identifier ses ressources et la façon de les mobiliser.
  • Développer une réflexion « philosophique », par exemple sur l’impermanence des choses et la fragilité des situations établies.

Finalement, ne s’agit-il pas de redonner leur place à des questionnements plus essentiels, à ce que l’on peut appeler la vie spirituelle, au sens laïc du terme, car le sens d’un engagement ne peut être donné que par soi, dans le retour à ce qui importe. Se situant sur un point de vue plus élevé, il sera alors plus facile de répondre à la question : « le sacrifice de soi est-il raisonnable ? »

Juin 2021 / En savoir plus : 01 45 78 37 76 / Nous contacter

Cet article a 24 commentaires

  1. Ping : itemprop="name">video

  2. Ping : itemprop="name">www

  3. Ping : itemprop="name">icf

  4. Ping : itemprop="name">site

  5. Ping : itemprop="name">sex

  6. Ping : itemprop="name">x

  7. Ping : itemprop="name">9xflix

  8. Ping : itemprop="name">xnxx

Les commentaires sont fermés.